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Billet d’humeur
Et mon bien-être, alors … ?
Nasrudin a acheté un âne. Le vendeur a indiqué quelle quantité d’aliments il devra lui donner quotidiennement. Cette quantité, il la juge excessive. Il décide donc, à titre d’expérience, de l’habituer à manger moins.
Le manque de temps est-il réellement la cause de nos échecs ? Si je persiste dans une voie sans issue, quelque soit le temps dont je dispose, j’arriverai toujours, à un moment ou un autre, dans l’impasse.
Communément, la performance est définie en terme de vélocité : faire plus en moins de temps. En entreprise, elle peut également s’entendre en terme d’efficacité, au sens de produire le maximum de résultats avec le minimum d’effort, de dépenses, de temps.
Un employeur qui salarie un collaborateur poursuit un double objectif : acheter à la fois du temps et de la force de travail afin qu’un certain nombre de tâches soient effectuées. Si l’employeur ne prend pas soin de son collaborateur, c’est-à-dire s’il ne lui donne pas un minimum de signes de reconnaissance (reconnaissance du travail bien fait, délégation clairement définie et cadrée, supervision loyale et orientée vers le développement des compétences, etc.), ne verriez-vous pas une légère similitude avec Nasrudin et son âne ?
Et le collaborateur, quel objectif poursuit-il lorsqu’il travaille ? Gagner de l’argent, sans doute. Mais à quel prix ? Souffrir quotidiennement, de manière rampante et souvent inconsciente, est-ce un prix « honnête » à payer ? Ne peut-on pas travailler sans souffrir … voire : travailler dans le bien-être ?
Si mon employeur refuse de ressembler à Nasrudin et si moi, son collaborateur, refuse de jouer le rôle de l’âne, il ne nous reste plus qu’une seule chose à faire : expérimenter ensemble une collaboration fondée sur la durabilité de l’outil de production (ma petite personne !) qui passe inéluctablement par mon bien-être.
Mais : attention ! Le bien-être en entreprise, c’est un virus super contagieux !
Sérénité ou efficacité : pourquoi choisir ?
Extrait d’une conversation téléphonique récente : « vous proposez de travailler dans la sérénité ? Vous prétendez que je pourrais être maître de mon temps ? C’est du pipeau ! Je suis chef d’entreprise et je vous le dis : il n’y a qu’une seule manière d’y arriver ! Bosser 15 heures par jour ! »
Hormis le fait que ce chef d’entreprise me parut tout à coup bien à plaindre, cette rebuffade met en lumière une croyance fondamentalement erronée et une ignorance d’un principe limpide.
La croyance ? La réussite ne peut être obtenue qu’au prix de la souffrance. Ce principe est actuellement l’une des bases du management de nombre d’entreprises françaises, dont l’une des plus peuplée défraye actuellement la chronique nécrologique.
L’ignorance ? Celle de la logique paradoxale. Une entreprise qui focalise toute son énergie sur la rentabilité se retrouve aux prises avec des problèmes croissants de profit, de productivité, de rentabilité, précisément. Pourquoi ? Parce qu’elle ne pense qu’à cela.
Petite histoire extraite de l’excellent livre de Bernard Leblanc-Halmos, « Tomber Pile & Faire Face » :
Serein et Efficace sont dans le même bateau.
Être efficace, ce n’est pas uniquement une question de quantité (d’heures travaillées, de litres de sueur émis ou de paquets de cigarettes consumées). C’est une question d’adéquation. Une action adéquate est une action parfaitement proportionnée à son objet, ajustée à son but (source : Le Grand Robert en 6 volumes, édition 2001).
La proportion s’entend, entre autres, de la quantité de temps passé et de la quantité d’énergie dépensée. Or, plus je suis serein, moins je dépense d’énergie et moins je m’use à la tâche … et plus celle-ci est efficacement accomplie.
Chacun d’entre nous est son propre outil de production, quel que soit son métier. Notre première priorité devrait donc être d’en prendre soin. Oui, monsieur le chef d’entreprise, vous pourriez être beaucoup plus efficace si vous étiez plus serein … à condition de prendre le temps d’y réfléchir …
Le grammairien et le derviche Savez-vous que les contes derviches ont été inventés non seulement pour distraire ceux qui les lisent ou les écoutent, mais également pour mettre en exergue certains de nos comportements particulièrement inefficaces ? En voici un exemple :
Un derviche cheminait par une nuit sans lune. Il passait près d’un puits tari quand il entendit crier au secours. L’appel venait du fond du puits.
Oui, bien sûr, son sens des priorités n’est pas adapté au contexte particulier : il n’a pas su revoir la hiérarchisation de ses priorités. Il a fait montre d’ « aveuglement spécifique », c’est-à-dire l’aveuglement de celui qui est « le nez dans le guidon » et n’a aucune vision un tant soit peu périphérique. Il a perdu de vue le contexte et ses implications.
D’un point de vue plus stratégique, ce qui a manqué au grammairien, c’est de préparer son voyage. Il savait qu’il allait emprunter un chemin qu’il ne connaissait pas. Sans doute a-t-il également fait preuve de distraction, autre conséquence de son manque de préparation.
Lorsque cela se fige à l’extérieur, c’est le moment idéal pour travailler sur l’intérieur, en un mot, pour se préparer au dégel.
Et vous, où cherchez-vous vos clés ?
Vous connaissez sans doute cette vieille histoire orientale, au moins parce que la trame en a été reprise par Coluche dans un de ses sketchs :
« Mulla Nasrudin scrute le sol.
Au premier abord, ce Mulla Nasrudin nous semble parfaitement idiot. Pourtant, si chacun de nous fait un bref examen de conscience, en toute lucidité, il constatera que lui aussi, à certains moments, a cherché une solution à un problème en suivant ses habitudes, ses croyances, en appliquant des recettes qu’il connaissait et dont il pressentait qu’elles étaient inefficaces.
Le passant dans cette histoire peut symboliser le consultant face à son client : il peut facilement se laisser entraîner sur une fausse piste, qui ne mènera nulle part tout simplement parce que le problème n’est pas là où son client l’imagine.
Il est toujours inconfortable pour un manager de s’entendre proposer une approche qu’au mieux il ne connaît pas et qu’au pire il trouve « exotique » (au sens charlatanesque). Il peut trouver cela séduisant, mais redouter d’avoir à présenter cette approche à son comité de direction. Je me trouve souvent confrontée à cette situation, comme quiconque propose une manière innovante de repenser une organisation qui ne fonctionne plus correctement. C’est pourquoi j’ai toujours une lampe torche avec moi.
Et si c'était le moment d'optimiser votre organisation ?
La conjoncture économique présente actuellement une caractéristique : l’environnement extérieur à l’entreprise (clients, fournisseurs, partenaires de tout ordre, etc.) est entré dans un processus d’attente. De ce constat de « refroidissement », de ralentissement extérieur, découlent au moins deux déductions pour l’entreprise :
- l’énergie à déployer pour développer quelque action que ce soit vers l’extérieur atteint un coût démesuré au regard des résultats probables
- le processus de ralentissement extérieur génère une pression sur l’intérieur de l’entreprise : les défauts d’organisation ou de prise en compte des besoins des collaborateurs, qui, jusqu’à présent, étaient masqués par la frénésie déployée vers l’extérieur, éclatent au grand jour.
Dans un tel contexte, l’action la plus rentable à l’heure actuelle pour le dirigeant d’entreprise est belle et bien de se focaliser sur l’organisation interne de son entreprise et les besoins de ses collaborateurs. Cette action construira une rentabilité à court et moyen termes, voire à long terme :
- à court terme, les collaborateurs seront rassurés et motivés de constater que leur entreprise prend soin d’eux, ils seront plus à même d’être apporteurs d’idées et de réflexions nouvelles pour améliorer le fonctionnement interne de l’entreprise et préparer les actions en vue de la reprise économique
- à moyen terme, les défauts dans l’organisation interne auront été corrigés : l’entreprise sera prête à déployer toutes les actions nécessaires lorsque la reprise se manifestera
- à long terme, l’amélioration du climat de l’entreprise augmentera sensiblement son attractivité et son image de marque : la meilleure publicité (et la moins chère !) pour une entreprise n’est-elle pas celle qui est faite par ses collaborateurs, ses clients, ses partenaires, etc. ?
Cette démarche de recentrage sur « l’intérieur » de l’entreprise peut être réalisée par saupoudrage d’actions à tel ou tel endroit, en général là où les dysfonctionnements sont les plus criants. Toutefois, l’absence de coordination et de logique entre les différentes actions risque d’en atténuer considérablement l’effet. Optimiser l’organisation de l’entreprise en centrant la démarche sur le mieux-être des collaborateurs est un projet à part entière. Il doit être mené de manière à en retirer le maximum de synergie pour la productivité interne et de satisfaction pour tous les collaborateurs.
Rencontrez les autres, votre cerveau vous dira merci !
Dans le détail, la plasticité présenterait trois aspects :
- nos neurones peuvent se développer jusqu’à décupler leur taille et multiplier leurs liaisons (synapses) ou alors dépérir complètement (selon ce que nous faisons)
N’allons pas jusqu’à croire que les neurones puissent repousser (un adulte en perdrait vingt à trente mille par jour). En revanche, leur taille, leur puissance et surtout leurs connections peuvent varier dans des proportions considérables.
Toutefois, cela ne semble pouvoir se faire sans une action volontaire. Les conseils du docteur Mezernich (l’un des découvreurs de la neuro plasticité) sont les suivants :
- ne jamais cesser d’apprendre, régulièrement, tout au long de sa vie, dans des disciplines nouvelles, de manières nouvelles
La gentillesse, le rire et l’empathie sont des activités qui se pratiquent en général à plusieurs. C’est précisément un autre pan des récentes découvertes : notre cerveau est « neuro social ». Nos neurones ont besoin de la présence physique des autres pour entrer en résonance empathique avec eux. C’est ce que certains appellent les neurones miroirs (cf. notre article du 10 février sur ce sujet).
Selon le type de relations que nous avons l’habitude de vivre, nos réseaux de neurones ne sont pas structurés de la même façon. Cela donne à réfléchir, notamment quant à la place que les relations virtuelles (SMS, internet, etc.) occupent dans notre vie. Car, ce qui compte pour notre cerveau, ce n’est pas le virtuel, c’est le réel. Nos neurones ont besoin de contacts directs, physiques et sensoriels.
En résumé : apprendre sans cesse de nouvelles manières de considérer ce que l’on croit déjà connaître, s’essayer à de nouveaux comportements pour trouver ceux qui sont réellement les plus aidants et faire tout cela avec d’autres, dans une relation d’échange … autant d’actions qui amélioreraient le fonctionnement de notre cerveau ? Le métier de conseil en comportements professionnels a de beaux jours devant lui !
Êtes-vous prêt pour une nouvelle expérience ?
C’est permettre « l’irruption du nouveau » dans mon quotidien. Une expérience peut être voulue, attendue, désirée, subie, inattendue, indésirable, etc. Tout dépend de mon état d’esprit au moment où l’expérience se présente.
L’irruption du nouveau peut susciter en moi une palette d’émotions allant de la peur/angoisse/anxiété à la curiosité/joie/plaisir.
Pour celui qui est en quête de sécurité, tout ce qui est prévisible est béni ; son obsession : raccrocher ce qui se produit ici-maintenant à un déjà-vu ou déjà-vécu. Le comportement associé se traduit principalement par :
- une demande instante de références (comme si la validation d’autres extérieurs à moi pouvait me permettre de valider la démarche pour moi),
Si je parviens à passer outre la tentation de la sécurité, si j’accepte de découvrir ce que je ne connais pas, peut-être serais-je rassuré d’avoir un accompagnateur. Une personne à côté de moi pour m’instruire, m’aider, me montrer. Edhova exerce ce métier : instruire les autres à de nouvelles pratiques et les aider à les mettre en application au quotidien.
Si je décide de vivre l’expérience, d’adopter, par exemple, une nouvelle habitude dans mon quotidien professionnel, ce que je vis ici-maintenant me réjouit. Je vis une expérience que je n’avais jamais vécue. Je vérifie par moi-même l’impact de cette nouvelle habitude.
Etymologiquement, vérifier signifie « faire du vrai ». Si je constate que cette nouvelle pratique que je viens d’expérimenter est plus confortable pour moi que mon précédent mode de fonctionnement, je peux décider d’opérer un changement de la réalité de mon quotidien et d’adopter cette pratique comme habitude.
Expérimenter. Vérifier. Adopter ou pas : c’est la démarche proposée par Edhova. C’est votre choix et c’est un choix en conscience. Formulez votre objectif positivement … Et si c’était une erreur ?
Tous les professionnels de la formulation d’objectif semblent d’accord sur ce point : un objectif doit être formulé positivement. Et si c’était une erreur ?
Mettons-nous dans la peau d’un collaborateur qui vient de remettre un dossier de piètre qualité à son manager. Le manager fait état « positivement » de la médiocrité du dossier et enjoint son collaborateur à se donner un objectif relatif à la qualité de son travail.
Le collaborateur essaie de penser positivement et se dit : « je devrais prendre le temps d’étudier convenablement les dossiers que l’on me confie afin de réaliser un travail de meilleure qualité ». Quelle est la réalité de cette phrase ? Comment peut-elle s’inscrire dans la vie réelle du collaborateur s’il ne s’est jamais trouvé dans la situation idéalement décrite ?
Quel serait l’impact sur sa vie réelle d’une formulation du genre : « je devrais cesser de répondre à toutes les demandes qui m’arrivent par e-mail. Je devrais cesser de répondre au téléphone quand j’ai décidé d’étudier un dossier. Je devrais refuser de participer à des réunions qui me font perdre mon temps. Alors, peut-être, trouverais-je plus de temps pour étudier les dossiers que l’on me confie. »
Formuler négativement permet d’ancrer le discours sur l’expérience, donc dans la réalité. La formulation négative est la seule qui permette de formuler un diagnostic clair sur un comportement … et c’est la seule qui donne au sujet une chance d’entrevoir la possibilité d’adopter un comportement plus approprié, donc plus efficace.
Je manque de temps ...
Avez-vous entendu parler de la « junk food » ? Littéralement : manger des cochonneries. En français : « malbouffe ». C’est un comportement alimentaire qui serait à l’origine de l’augmentation du taux d’obésité : en France, aujourd’hui, un adulte sur six serait obèse. Selon les sondages relatant ces chiffres, la raison principale pour laquelle les gens déclarent se nourrir mal est … le manque de temps ! Je manque de temps pour manger sainement. Je paie jusqu’à 10 fois plus pour une nourriture sous cellophane … au bénéfice de quoi ?! Quelles sont donc ces tâches si importantes auxquelles je sacrifie ma santé ? Manger sainement relève de la responsabilité de chacun. Quel sens je donne à mon temps ?
Petit exercice pratique : - énumérez toutes vos occupations au cours des deux derniers jours En comparant ces deux listes, vous mesurerez votre taux de satisfaction.
Personne ne devrait manquer de temps pour accomplir ce qui est important pour lui. Mardi 20 janvier 2009
Barack OBAMA est officiellement investi Président des Etats-Unis d'Amérique. Sur quel discours a-t-il été élu ? Cessons d'avoir peur, cessons d'attendre. "Yes, we can". Oui, nous pouvons agir. Chacun peut agir, au lieu d'attendre que cela aille mieux (ou moins bien), que l'économie se redresse (ou pas). Mille bonnes raisons de ne rien faire, juste de dire ... parler n'est pas la réalité. La réalité, c'est ici et maintenant ! C'est essayer, vérifier et aller de l'avant. N'attendons pas que la solution à tous nos problèmes vienne des autres ou d'un sauveur. La chronostratégie est fondée sur cette réalité : chacun est maître de sa vie, de son temps et de l'usage qu'il en fait. |
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